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mardi 22 mai 2018

Kiss Me Cupid Idiot




"Embrace me, my sweet embraceable you
Embrace me, you irreplaceable you" *




Alors vint l'idiote jalousie de ce morceau de coton qui recouvrait son corps.

L'odeur industrielle masquait celle de son épiderme, il fallait s'approcher davantage pour en avoir le partage. Mes doigts s'agitaient, impatients, .... comme d'irrépressibles mouvements vers la tentation. Mordant mes lèvres pour ne pas voracement dévorer sans ménagement aucun ... les siennes. Crispant mon squelette dont je perdais à mesure le contrôle et qui de lui se rapprochait ostensiblement.

Il devint difficile de converser, tant mes pensées étaient obstinées.



Qui succomberait le premier ? M'attirerait-il vers lui prestement ? Allais-je attendre encore longtemps ? Plaquerait-il mon corps contre un mur ?
Ses mains ? Où allait-il en premier les poser ?
Son toucher comblerait-il mon envie ? Saurait-il être compatible à mes appétences ? Frôlerait-il ? Ou prendrait-il sans ménagement mon corps contre le sien ?
M'empoignerait-il par les hanches ? Me parlerait-il tout bas ? Quels seraient ses mots ?

Et sa peau ? Comment serait sa peau ?
Quand nos corps dévêtus froisseront les draps, quand ses doigts navigueront sur moi.
A quel rythme son tempo me bercera ? Est-ce qu'il m'emportera ?




Qu'est-ce qu'il disait déjà ? 


Et toujours cette idiote cotonnade plus proche de lui que moi.
Je prétexte pour m'éclipser, ... souffler, je suis estomaquée par une horde de phalènes qui font des loopings dans mes entrailles. Leur danse désordonnée bouillonne mes pensées, vrille ma lucidité. Cette envie débordante de sensualité que sa vision m'impose se lit dans mes prunelles, mes pupilles dilatées, agacées à en avaler tout le bleu.

Chaque son qui sort de sa bouche fait mouche, chaque battement de mes cils veut l'envouter.  C'est moi ou la distance entre nous s'est réduite de moitié ?
Nos cuisses sont désormais jumelées, je le sens ... hésitant, un rien tremblant. Nous sommes au bord d'un précipice, effrayés par l'éventualité d'une chute.


Et si, ...

Si c'est décevant, ...
Si ses baisers ne sont que gluants, si sa langue ne s'accorde pas de la mienne, si ses gestes ne sont pas sensuels.
Nos iris s'entrechoquent, un temps tout se fige et s'arrête.




Faut-il céder maintenant ou jouer de l'ardent ?  


Un tierce vient s'inviter, l'un et l'autre poliment conversons avec cet étranger, ... et plane une envie de le tuer, mille horribles souffrances lui seront réservées.  Il va nous falloir tout recommencer, tout reprendre depuis le début.
A nouveau ... se rapprocher puisqu'un corps entre nous s'est glissé. Alors, nous devenons sommaires, lapidaires, factuels, cinglants, nous essayons de le lasser.  Nous espérons qu'il comprenne combien nous voudrions retrouver notre ensorcelant duel. Combien il nous gène, combien nous voudrions retrouver notre trouble en duo. Combien il est de trop ! 
L'intrusion, cette entité sur deux jambes à la langue trop pendue se lève enfin, il laisse à nouveau place, la place à notre jeu de séduction.
Nos verres pleins, nous arrosons ce départ, ton léger et badin, à nouveau assujettis à cette si douce tension.




Nos joutes verbales deviennent si imagées que des frissons dessinent des monts sur nos peaux. Qui va s'élancer le premier ?

A la faveur d'un éclat de rire, nous nous effleurons à nouveau, il approche ses lèvres à mon oreille ...

Motivée par un secret sa bouche murmure et souffle dans ma chevelure, il m'a dit en aimer le désordre, il pose délicatement sa main dans ma nuque. Une vague de chaleur s'y diffuse irradiant subtilement mon corps entièrement.
D'un habile mouvement, son autre bras m'enveloppe et à quelques gigantesques angströms de millimètres sa bouche demande à la mienne ... 






"Je peux ?"




Connie Francis 
"Stupid Cupid"







Quand 

samedi 16 septembre 2017

Belle à Blanc







Je me souviens des murs en crépis blanc, ils étaient rêches et méchants, 
A trop les frôler j'étais en sang.
Je me souviens des gommages qui laissent sur la peau la sensation de la lave.
Celle dont le rouge flamboyant attire et repousse tout autant.

Je me souviens de ces moments où ma peau comme passée au papier de verre frémissait.
Et n'attendait que la chaleur de tes caresses.
Cette médecine douce que tes paumes avisées faisait glisser de mon cou à mes pieds.
Ces frôlements qui m'apportaient l'ivresse, que tu effleures ma nuque ou mes fesses,
que des tes doigts côtoient mon sein ou enfoncent leur pulpe au creux de mes reins. 

Mes sens dispersés, ma tête chamboulée.
N'être plus qu'un épiderme vitriolé, à l'acme de l'hypersensibilité.
Comme le magma qui glisse et s'immisce, me laisser fondre sous ces affriolantes palpations.

Comment penser que cet épiderme protecteur soit ainsi le vecteur, de sensations aussi puissantes que contradictoires. 
Dans l'obscurité l'intensité des émotions tactiles, n'a d'égale perception que l'étendu de notre imagination.
Emportée, enivrée, déboussolée, laissant à l'abandon de tes caresses mon corps dans son intégralité.


"Aussi Belle qu'une balle, et moi je n'attends qu'elle, oui mais autant 
vouloir se tuer dans son lit couché en espérant une balle perdue"


Le blanc virginal s'acoquine avec le mal, 
avec ce désir de mourir un peu,
un instant hors du temps, 
périr un moment, 
Se brûler à ce jeu,
se laisser éblouir par l'aveuglant,
la magie de ce fulgurant instant, 
avant de retomber dans le néant. 

Une balle à blanc pour mourir pour de faux, 
juste le temps d'aller touche le 7ème ciel, celui qui se loge en haut des rideaux.


La peau semble rêche, irritable au toucher, comme si toutes ses capillarités étaient à nues, elles aussi. Comme un organisme titubant sous tes divines paumes qui refont le dessin des courbes, des creux, de mon menton à mon bassin.








Jouons, une nouvelle partition, dansons dans les draps, 
mettons une raclée à nos envies.
Donnons à nos jours ce que nous a promit la nuit.








Comme une musique arythmique, nos corps midi, nos pulsions asynchrones imposent, disposent recomposent.

Suis moi, je te fuis, rattrape moi et je m'accroche à toi.



Taxi Girl
"Aussi belle qu'une balle" 









Je ne me lasserai jamais de Taxi Girl, c'est comme un voyage dans le temps, un élan, et de l'allant, ... enivrant, revigorant, excitant. Les cordes de cette voix sur un fil ténu entre l'adolescence et l'indécence. Ses mots si justes et déséquilibrés à la fois.