mercredi 27 juin 2018

Or-Ne-Ment


A toi ma douce rêveuse dont l'estomac est moins grand que le coeur, mon sentimental rossignol, mon impatiente si fidèle. Ma compagne de nuits rebelles, ma Piaf qui prend son envol. A nos CPUSDG, à nos soirées Delete, à nos tragédies lilliputiennes, à nos sommets personnels. A nos rires infidèles, à nos coeurs sans raison, à nos debriefs improbables, à nos mots crus de culs et de peines.
A nos fiches et à nos hugs de cuisine, à ces tonnes de kleenex, aux after sexe.
A nos conquêtes, à nos quêtes, à nos nouveaux jours.



Est-ce frôler l'impudeur que de faire offrande de parcelles de soi en kit ?  Quand au milieu d'orpailleurs de pacotille, on cherche et l'on croit percevoir autre chose que de l'entre-soi.
Arme toi d'humour pour trouver peut-être un semblant d'amour ou juste un ersatz un peu propre.
Pars en chasse, ici on te fera la cour, mais pour la sincérité, c'est au burin qu'il te faudra forger. Dans les tréfonds de l'application, comme pour le pailleteur les pépites auront souvent grises mines.
Pour briser l'ultra moderne solitude, c'est dans la poche. Un match et ça repart !
Au banc d'essai quand tu fais une touche, les paris sont ouverts, tomberas-tu sur un flambeur ou sur un turfiste amateur ?




A l'aventure dans la Swipe Sphère Power, les serial baiseurs et les belles de jour se tournent autour, dans l'antre du foutre et du téton facile. Par voie d'écran tactile, l'accès quasi direct et sans affect à l'easy baise. Si ce n'est qu'un ficaire, il fera peut-être aussi bien l'affaire, tout ce qui brille n'étant pas le plus pur ici. Ni même ailleurs, soyons claires nous ne sommes nous mêmes plus de blanches oies.

Ainsi soit-il, alors croisons les doigts.
Amène ton ironie, elle te sera bien utile ici, quand tu te demandes "mais où est-IL donc ?".
Hors nique ? Car il ne s'agit souvent que de ça, moult propositions on te fera, mais pour la coordination, tu repasseras.

Et pourtant, on s'accorde à s'enflammer, tel le pompier pyromane, tête baissée fonçant avec absurdité et autant de fac-similés.
Tous des "occasions", ayant déjà servis, déjà sadiquement éconduits, refoulés ... L'inconduite étant parfois la monnaie pour la pièce rapportée. Donner le change de la dépravation, comme une petite vengeance par pro-cul-ration. A nos âges, on vient tous avec des bagages, des histoires qui finissent mal dans nos malles, des cicatrices sous les fards, des maux sous d'autres mots. Dans nos placards des cadavres de love affair et une belle trouille de rejouer.




Avec frénésie pourtant, on alimente le brasier, on embrase de virtuels baisers, au risque de se faire flouer. On biaise si on détecte un similor s'épancher, un bain d'or colloïdal à nos envies serait plus approprié.
Qu'il redore notre blason de mots fleurant la flagornerie, c'est toujours ça de pris !
Affublée d'une armure de simplicité pour masquer la duplicité, Clarisse un jour te dupera ... si tu crois que nos encéphalos sont plats mon gars : tu dineras froid !
Sous l'apparente désinvolture se cache une Geisha outrée d'apparaître décoiffée, un syphon dans l'estomac quand la proie ne cesse de chasser, tel est le revers de la modernité qui en fin limier t'autorise à pister.

L'incandescence des sentiments n'a de bienséance qu'après les faux-semblants. Quand les masques sont tombés alors salacité et duperie peuvent aller se rhabiller.

C'est à nu, qu'offertes aux doux bouleversements, nous pétent à la tronche des rêves de romantismes aussi ardents que gluants.
Tamiser les lumières pour briller dans ses yeux avec l'espoir qu'une flamme énamourée y fasse sa couche. Pour que la coucherie ne soit pas sans lendemain pour qu'il y ait d'autres matins.
Pour que la concupiscence cesse de rimer avec absence, pour ne plus se sentir jetable et ne pas le traiter de minable.




Des lustres à gober du Charmant et de la Princesse qui regardent ensemble au loin au son de potes de petites tailles s'égosillant en allant au turbin, et ne venant pas de chez Merlin.
Et même si, on n'est pas très collant-opaque-blanc sur mollet masculin, et qu'on sait bien qu'il sera davantage transport urbain que chevalin ...
Rien n'y fait, ni menace, ni prière, tu crois l'éviter, il te tient, ... t'as pas vu venir le vautour et vlan dans ta gueule ! C'est toi la proie !
Comme de bien entendu, cocue, jamais revu, disparu, les conclusions sont toutes en U et tu tombes des nues.

Inventaire, questions.
Remonter tout de suite dans le train, raccrocher les wagons ... épousseter sa déception ... oublier ou faire comme la dernière des crevures qui aura froissé ton myocarde d'une simple oeillade ?

Same player play again !

Nous en revenons toujours à nos bons sentiments, quand on dresse nos bilans. Drapées dans des costards de blasées, on n'est dupe que ce qu'on veut ignorer.
Qu'il est sinistre d'enchaîner les maillons des déceptions, d'allonger à foison des visages aussi vite oubliés, de fesser des séants à la chaine sans en passer par l'essentiel.
De souiller son cul à trop le donner, de salir sa langue dans tant de bouches que les prénoms finissent par se répéter.
De consommer du cul comme on va chez le boulanger*, de séduire à la volée, de s'écarter trop docilement et de pénétrer si facilement.
Alors de ces superettes à la nuitée aisée, en faire des fou-rires, n'en retenir que les improbables profils, et jouer autant à face que pile, mais rester soi, précieusement alambiquées, notre bouclier contre les détraqués.

Et puis espérer que la perle rare tu as enfin trouvée.








James Delleck 
"Oui Mais"








* Auteure NoGlu


mardi 12 juin 2018

Duel à 2


"You know that it would be untrue
You know that I would be a liar "


Visite dans la Swipe-Sphère ... Comme ça, en flânant, le nez au vent, ... et bing, sans crier gare, c'est un double match ! C'est la saison de la terre battue et des smashes.
Au bond il attrape celle qui fait la belle et engage un set pour l'attraper dans ses filets.
Les répliques fusent et c'est un 15A. Elle riposte à la volée... puis ça se joue aux points ... de suspension.
Winner du 06 au chrono !

Après tant de mots, une rencontre anodine n'était pas une option, prendre un verre, diner ... trop anodin. Pas de meuble entre nous, pas de distance à combler uniquement celle qui te ferait plier pour m'embrasser. Tu as dit être séduit, je t'ai laissé entendre que tes mots effleuraient mes propres envies.

On s'est lu, on s'est plu, alors il fallait se voir ...





Je t'ai proposé ceci, ...
Viens, ne dis rien, monte l'escalier, il fera entre chien et loup, laissons le silence parler pour nous.


"The time to hesitate is through
No time to wallow in the mire" 


Tu passeras la porte, j'entendrai le clic de la clenche qui me fera doucement tressaillir. Tu enlèveras ta veste, tu la laisseras à terre prestement, ou tu l'accrocheras au portant, comme tu voudras, ... mais enlève la !
Tu feras quelques pas, le crissement sur la moquette m'indiquera que la distance se réduit entre toi et moi.
Tu ne me verras pas tout de suite il te faudra passer l'embrasure d'une autre porte. Je serai assise sur le lit, les stores seront baissés, une lumière rosée tamisera la pièce et une bougie embaumera de légères effluves de tubéreuses sans nous entêter.
Nue ? très peu vêtue ? en dessous de dentelles ? en bas rien que pour toi ? ... ça, tu le sauras quand tu seras là. Dans la petite obscurité je verrai tes pupilles briller et les miennes répondront à leur éclat. Mes lèvres s'entrouvriront sans émettre un son, juste pour te rendre ce sourire léger, un peu gêné. Des fossettes se dessineront près des commissures, mes yeux plisseront de joie de te savoir presque à portée de doigts.

Une petite confusion s'installera ... celle précédant nos premiers frôlements.






Nous avons fait le plan, au moins ceux des premiers instants, tu t'approcheras, de plus en plus, sans rien dire encore. Ta joue tu feras glisser sur la mienne. Je sentirai ton souffle s'entrecouper, tu le retiendras, parce que tu sais ... qu'on va le faire.
Ta barbe tu feras glisser le long de mon cou pour caresser d'elle mes épaules.
Parce que nous serons tous les deux aux abois, au bord du lit, au bord de nous goûter pour la première fois, nous frémirons d'envies d'être ainsi alléchés, mais il ne sera pas encore temps.


"Try now we can only loose, 
and our love become a funeral pyre"


Nous ne capitulerons pas tout de suite, c'est écrit dans le script, nous avons décidé à deux ce duel de désirs. Nous ne céderons qu'après s'être brûlés, quand la lave de la tentation aura cramé nos artères. Alors consumés d'envies, nous nous consommerons.
Il n'y aura qu'une seule et unique première fois. Nous ne devons pas la rater, pas la brader, alors nous l'avons orchestrée.

J'emplirai mes poumons et expirerai dans ton cou un air chaud qui te fera frissonner. Déjà humides de se convoiter nos peaux se toucheront. Accolés en un unique point de chair, le reste de l'épiderme demandera sa part, et exigera de dévorer davantage de promiscuité.
Nous resterons un instant, sans durée, à suspendre ce moment, à écouter nos pulsations, à faire monter indéniablement la pression, à risquer l'implosion.

L'un voulant dire, l'autre intimant le silence.




Et puis, tes lèvres ou les miennes goûteront d'abord la partie offerte la plus proche, à l'aveugle et empressées elles se chercheront, se trouveront et se répondront. Ne lâchant nos emprises que pour mieux y revenir, nos doigts imprégnés dans la peau de l'autre. Privant par pression les flux sanguins, elle se fera d'albâtre puis de carmin.  Glissant des ongles, cherchant à s'accrocher, rugissant presque bestialement sans avoir encore acté l'acte à proprement parlé.


"Come on baby, light my fire 
Try to set the night on fire"


Et tu prendras le dessus, un temps, puis je saisirai tes mains, et tu sauras que le jeu commence. Seules nos bouches auront le droit de se servir, nos mains emmêlées et arrimées par l'autre. Contraignant le délicieux adversaire, l'entravant doucement de se satisfaire. L'empêchant de caresser jusqu'à l'apogée où il faudra s'arracher à ses phalanges. Entre les pulpes de nos doigts, sans ménagement, pressant, fessant peut-être. Enragés d'enfin posséder, ne serait-ce qu'un instant le corps de l'autre.
Désormais, sans phare, nus et offerts nous pourrons nous assouvir de l'autre, nous donner les plaisirs que nous nous étions promis sans mot dire.
Des phrases pourquoi faire ?

Et pourquoi ne pourrait-on pas se rencontrer comme ça pour une première fois ? Pour qu'elle reste à jamais unique, à jamais inscrite, qu'elle soit différenciante, qu'elle soit fulgurante.







Nous avions peur de nous rater, alors c'est en seconde nuit que nous l'avons programmée.





The Doors
"Light my fire"







"Duel à 2"
Acrylique et médiums.

Les chiffres se jouent des probabilités, laissons les s'amuser, et à la muse aux accidents de désirs, pour ses palpitantes vibrations, offrir un sourire.


mardi 22 mai 2018

Kiss Me Cupid Idiot




"Embrace me, my sweet embraceable you
Embrace me, you irreplaceable you" *




Alors vint l'idiote jalousie de ce morceau de coton qui recouvrait son corps.

L'odeur industrielle masquait celle de son épiderme, il fallait s'approcher davantage pour en avoir le partage. Mes doigts s'agitaient, impatients, .... comme d'irrépressibles mouvements vers la tentation. Mordant mes lèvres pour ne pas voracement dévorer sans ménagement aucun ... les siennes. Crispant mon squelette dont je perdais à mesure le contrôle et qui de lui se rapprochait ostensiblement.

Il devint difficile de converser, tant mes pensées étaient obstinées.



Qui succomberait le premier ? M'attirerait-il vers lui prestement ? Allais-je attendre encore longtemps ? Plaquerait-il mon corps contre un mur ?
Ses mains ? Où allait-il en premier les poser ?
Son toucher comblerait-il mon envie ? Saurait-il être compatible à mes appétences ? Frôlerait-il ? Ou prendrait-il sans ménagement mon corps contre le sien ?
M'empoignerait-il par les hanches ? Me parlerait-il tout bas ? Quels seraient ses mots ?

Et sa peau ? Comment serait sa peau ?
Quand nos corps dévêtus froisseront les draps, quand ses doigts navigueront sur moi.
A quel rythme son tempo me bercera ? Est-ce qu'il m'emportera ?




Qu'est-ce qu'il disait déjà ? 


Et toujours cette idiote cotonnade plus proche de lui que moi.
Je prétexte pour m'éclipser, ... souffler, je suis estomaquée par une horde de phalènes qui font des loopings dans mes entrailles. Leur danse désordonnée bouillonne mes pensées, vrille ma lucidité. Cette envie débordante de sensualité que sa vision m'impose se lit dans mes prunelles, mes pupilles dilatées, agacées à en avaler tout le bleu.

Chaque son qui sort de sa bouche fait mouche, chaque battement de mes cils veut l'envouter.  C'est moi ou la distance entre nous s'est réduite de moitié ?
Nos cuisses sont désormais jumelées, je le sens ... hésitant, un rien tremblant. Nous sommes au bord d'un précipice, effrayés par l'éventualité d'une chute.


Et si, ...

Si c'est décevant, ...
Si ses baisers ne sont que gluants, si sa langue ne s'accorde pas de la mienne, si ses gestes ne sont pas sensuels.
Nos iris s'entrechoquent, un temps tout se fige et s'arrête.




Faut-il céder maintenant ou jouer de l'ardent ?  


Un tierce vient s'inviter, l'un et l'autre poliment conversons avec cet étranger, ... et plane une envie de le tuer, mille horribles souffrances lui seront réservées.  Il va nous falloir tout recommencer, tout reprendre depuis le début.
A nouveau ... se rapprocher puisqu'un corps entre nous s'est glissé. Alors, nous devenons sommaires, lapidaires, factuels, cinglants, nous essayons de le lasser.  Nous espérons qu'il comprenne combien nous voudrions retrouver notre ensorcelant duel. Combien il nous gène, combien nous voudrions retrouver notre trouble en duo. Combien il est de trop ! 
L'intrusion, cette entité sur deux jambes à la langue trop pendue se lève enfin, il laisse à nouveau place, la place à notre jeu de séduction.
Nos verres pleins, nous arrosons ce départ, ton léger et badin, à nouveau assujettis à cette si douce tension.




Nos joutes verbales deviennent si imagées que des frissons dessinent des monts sur nos peaux. Qui va s'élancer le premier ?

A la faveur d'un éclat de rire, nous nous effleurons à nouveau, il approche ses lèvres à mon oreille ...

Motivée par un secret sa bouche murmure et souffle dans ma chevelure, il m'a dit en aimer le désordre, il pose délicatement sa main dans ma nuque. Une vague de chaleur s'y diffuse irradiant subtilement mon corps entièrement.
D'un habile mouvement, son autre bras m'enveloppe et à quelques gigantesques angströms de millimètres sa bouche demande à la mienne ... 






"Je peux ?"




Connie Francis 
"Stupid Cupid"







Quand 

samedi 7 avril 2018

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"Mais tout à un détail près, 
Un si grand vide en moi pardonne mes excès .... " *




L'inconnu aux beaux échanges épistolaires devient l'unique et irrépressible objet de désir.
Sa peau un met délicat, son odeur un océan olfactif où il faisait bon voguer. Deux corps synchronisés dans une flânerie sensorielle à l'unisson, à l'intuition. L'autre comblait tout l'espace, son corps devint l'antre d'une dérive apaisée. Comme s'il avait déjà eu tous les plans menant à mon affolement.
Il cartographiait de la paume, progressait de mon dos aux rebonds surplombant mon tremblant. Entre ses caresses habiles le plaisir devint facile, évident. 
Total "lâcher prise" sous son emprise.







La brutale intensité de sa délicatesse mettant une claque aux trop empressés, aux brusques, aux impatients. L'évolution de mon désir se fit graduellement ...
A l'appétence de ses lèvres si joliment ourlées vint s'ajouter une fulgurante envie de descendre le long de l'axe jugulaire. Comme un fil tendu à se rompre la ligne qui dessinait un chemin jusqu'au creux de sa clavicule. 

Y laisser courir la trace de mes ongles pour envelopper sa nuque, y apposer encore et encore ma bouche, modérant pressions et intentions.
Le désir mua vers ses épaules, un rien frêles mais dont les os saillants invitaient à y laisser glisser, langue, lèvres, ongles, tout ce qui pourrait les frôler et l'affoler.

Laisser mes doigts suivre l'arrondi de son col, défaire le bouton de sa chemise, et délicatement cheminer vers sa pilosité. Comme il était troublant de se sentir frissonner devant un portrait pixelisé ...







L'indéniable attrait n'avait rien de rationnel, mais l'attirance était tellement sensorielle.
A la belle esthétique se mêlaient les réminiscences d'un délicieux moment. Comme inscrites dans ma chair les traces de sa délicatesse refaisaient inlassablement surface.

Imaginer sous mes lèvres, la chaleur de cette peau qui sentait la brûlure de l'été.
Bienheureux soleil de l'avoir si longuement caressé, cet autre agglomérat de points sur l'écran causait mon égarement. 

Posé presque sous le coeur de sa lèvre supérieure, l'enivrant odorant, donnant à l'ornement noir et blanc le sucré venant contrer le parfum d'acier.  Revinrent à mes troubles idées, sa si parfaite manière d'accompagner sa langue de la mienne.






Si le premier avait été prometteur, le second baiser m'avait fait chavirer, effaçant sans ciller le TangoLabialMaster. Plus doux, plus délicat, plus suave encore, donnant du piquant de la pulpe de ses doigts, agaçant ma crinière. Tirant légèrement mes cheveux en arrière, pressant davantage ses lèvres et son corps contre moi.

L'évocation de ses baisers et caresses, provoquaient irréfutablement en moi un uppercut de chaleur stomacal. Le cérébral au tapis, mon corps était forfait, marabouté, envoûté, épinglé ... dans son tableau de chasse.


"Je n'ai rien oublié, ....
Quoiqu'il en soit je ne peux t'oublier"*




Ni trophée, 
Ni catastrophée, 
Quand les autres sont avec Morphée, 
je m'enfonce dans la matière, à moi l'art, à toi la manière.
Subtil et adroit, pour ré-activer mes émois.




Suggestion de présentation à la place de la tête de cerf : 
angle de murs.






M.Appeal 
"Fever" 










M.APPEAL - "Fever"
Single enregistré en 1991 au Palais des congrès par Cyril "Reptile" Noton, qui venait d'achever le premier Maxi de NTM et signé le mix de "Soul Soul". 
Avec les copains du groupe "Charles de Goal" sorti en version promo only sur le label Indépendance sous la houlette de Eric Débris (Métal Urbain). Cette blagounette musicale, fut 1ère au top des auditeurs sur la Radio M40 devant une célèbre blonde platine qui ne sortira sa version de Fever que l'année suivante ... Un bien joli souvenir que quelqu'un à posé sur le Tube, merci à lui. 







lundi 19 mars 2018

Combat rock

Acte 1 scène 1


La scène se passe dans un grand appartement parisien, de larges baies vitrées offrent une vue imprenable sur la capitale. 
Les invités ne se connaissent que peu, il n'y a pas d'anniversaire, pas de crémaillère, juste quelques amis d'amis. La fête bat son plein, des clans bien distincts se sont formés et les conversations diffèrent d'un groupe à l'autre. 
Là on échange activités professionnelles, ailleurs histoires plus personnelles, garde d'enfants, rénovation d'appartement, ... la cuisine ici n'est pas "the place to be", tout se joue en extérieur.

Elle va se resservir un verre, elle sent déjà l'alcool lui tourner un peu la tête, mais ce soir c'est de ça dont elle a envie.  
Un moment de soft ivresse, la caresse de l'abandon temporaire dans une autre atmosphère. 

Il s'approche d'elle, et galant propose de lui servir un autre verre. 
Un sourire, quelques banalités, de cet échange né un nouveau clan en duo. 

Elle : " Merci, je pense que je vais aller en griller une sur le balcon "
Lui : " Je t'accompagne "
Elle : " Tu fumes ? "
Lui : " Non toujours pas ! "




Ils se connaissent peu, mais finalement ce peu est assez intime, quelques confidences, de menues indiscrétions par le biais de la personne qui les a présentée et ils ne sont déjà plus des inconnus. 

Lui : " Cette vue ! "
Elle : " Oui c'est époustouflant ! "

La Capitale s'étend à perte de vue à 360° ou presque ...
L'immeuble est un des plus hauts de Paris, rien ne vient masquer cet horizon de jais ponctué de lumières jaunes, blanches et rouges. 
Au loin se dessinent les monuments, la meringue un rien orangée du Sacré Coeur, les tours aux formes saillantes de la Défense, le tracé des rues et les noeuds des rond-points.

Lui : " C'est quoi là bas ? "
Elle : " Où ? "
Lui : " Tu vois la Tour Eiffel ? "
Elle : " Oui, ... un peu, une patte, ... la Tour Montparnasse, nous masque un peu la Dame de fer ! " 
Lui : " Là tu vois, les lumières blanches qui clignotent pas loin de la grande roue "
Elle : " Oui ..."
Lui : " Je me demande si ce n'est pas le Grand Palais "

Qu'importe la question, qu'importe la réponse. 
Prétexte. 
L'espace ponctuant la question a dévoré celui qui les séparait physiquement, il fait frais, leurs avant-bras se touchent désormais. Ce point de contact leur apporte une chaleur dont aucun des deux ne souhaitent désormais se priver. 
Ce rapprochement épidermique s'est fait naturellement, cet attouchement est troublant. 



Lui : "Alors ? "
Elle : " Alors quoi ? "
Lui : " T'en es où ? "
Elle : " C'est toi qui me demande ça ? "
Lui : " Oui pourquoi ? "
Elle : " Parce que mon cas est simple comparé au tien "
Lui : " Oui, mais moi c'est encore frais "
Elle : " Belle sortie de Joker ! "
Lui : "... hum ... " 

Il ponctue son silence d'un large sourire, se retourne et admire à nouveau la vue, ... au loin le bruit d'impatients derrière leur volant. Elle allume une autre cigarette, il ne fume toujours pas. Ils jettent un oeil à l'intérieur de l'appartement, les gens dansent, les gens rigolent ... il est minuit.
Elle pense au morceau Midnight Dancing des Rita. 

Elle : " J'avoues que j'ai du mal à te suivre, c'est un peu comme Dallas "
Lui : " T'as raison, beaucoup d'images, et pas vraiment de fond "
Elle : " Il te faut peut être encore un peu de temps "
Lui : " Des fois je me dis que c'est mort pour moi "
Elle : " Il est juste trop tôt peut-être "
Lui : " Pourtant je les aime bien, mais ..."
Elle : " Mais, c'est pas ... c'est pas encore ça ..."
Lui :  " Voilà ! "

Un invité sort pour fumer. 
Elle et Lui se regardent, dans leur yeux s'inscrit "Fais chier, do not disturb, vas voir ailleurs !". 
Ils n'ont envie de parler qu'entre eux deux. 
L'invité fumeur est rapidement rejoint par un autre. Les intrus et leur paquet de feuilles à rouler rejoignent rapidement une autre extrémité du balcon. 
Satisfaction.

Elle : " Tu verras, ça viendra, ça re-viendra "
Lui : " Je sais pas si ..."
Elle : " A trop chercher on ne trouve pas ... "

Il court après, elle le sait, il comble, il le sait.





Lui : " Et toi alors ? "
Elle : " hum ... Secret défense "
Lui : " T'es chiante, en plus je sais ! "
Elle : " Je sais que tu sais ! "
Lui : " Normal, elle sait pas tenir sa langue "
Elle : " Pas grave ! "
Lui : " Alors ton plan ? "
Elle : " Quel plan ? "
Lui : " Tu vas pas me dire que t'as pas un plan ? "
Elle : " Pas certaine d'avoir ... un plan ni même des plans d'ailleurs .... " (sourire de connivence)
Lui : " Un partout, toi non plus alors ! "
Elle : " On ne joue pas dans la même catégorie, tu as plus d'atouts et de dames dans ton jeu que moi "
Lui :  " Et ? je suis un salaud c'est ça ? "
Elle : " Je n'ai rien dit de tel, Don Juan ! " (tendre rictus)

Quelqu'un ouvre la fenêtre, la musique vient faire une pause dans leur silence. 

Lui : " Ok ... esquive rotative, t'as pas répondu à ma question "
Elle : " Touchée, ... "
Lui : " T'as pas peur du vide ? "
Elle : " Non, le vide ne m'effraie pas, le combler par dépit c'est pas pour moi ".
Lui :  " Et, tiens prends ça ! "

Les bruits étouffés de la ville s'invitent dans les points de suspension de leur conversation.
En bas une dispute éclate, une voix beugle " Dégage ! ".

Elle : " C'est de ça dont j'ai le plus peur je crois "
Lui : " Hey Xena, tu lâches un peu ton armure et ton glaive, des fois ? "
Elle : " Tiens, un nouveau pseudo je l'avais pas celui là ! "
Lui : " On s'est tous grillé au moins une fois tu sais et la peur ..." 
Elle : " N'évite pas le danger, je sais, ... je suis fatiguée de rebondir, je voudrais juste me poser "

Le calme revient dans la rue, des rires percent les baies vitrées.  Ils regardent à nouveau ce panorama à couper le souffle.  Cet horizon qui mange les mots et qui réduit à l'essentiel leur échange.

Elle baisse les yeux, se penche légèrement comme pour voir quelque chose en bas, ... tout en bas.  Il suit son mouvement et se penche à son tour.

Elle : " On est au combien déjà ? "
Lui : " 32ème "
Elle : " C'est haut ! ça colle le vertige ... je dois rêver trop fort* " 

Si proches et si loin à la fois, un abîme d'impossibilités les rejoint et les attire tout autant. 
Les liens tendres entre éconduits, les confidences entre errances et absences, les manques et les manquements. Les envies inassouvies, les peurs, les petites folies, les coups de foudre, les coups du sort, les déceptions, autant d'indiscrétions à se confier.
Les déboires amoureux et les peines de coeur rapprochent ceux qui ont été par d'autres éloignés, les confidences font de belles nuits sur les canapés feutrés ou sur des balcons enfumés.






Marylin Manson
"The Love Song"

"I got a crush on a pretty pistol  / Should I tell her that I feel this way? / Father told us to be faithful"






Aux amis, aux amours aux emmerdes ...